Biographie
Il étudie à l'École des Beaux-Arts de Lille de 1943 à 1947 (Olivier Seguin, Catalogue d'exposition Tours 1983, p. 3). Il séjourne au Maroc de 1952 à 1957 où il participe à des expositions personnelles et collectives, en particulier au Salon d'automne de Casablanca. Il y rencontre l'architecte Jean-François Zevaco, qui l'encourage à créer des uvres monumentales.
Il revient en France, à Paris, de 1957 à 1959, puis gagne le Mexique où il vivra de 1959 à 1972. C'est là qu'il crée ses premières uvres monumentales couronnées de plusieurs premiers prix de sculpture. Il épouse à Mexico Martine Deparis, architecte d'intérieur. Il donne aussi des cours en tant que professeur d'éducation visuelle à l'École d'architecture de l'Université autonome de Guadalajara, de 1959 à 1965, puis professeur de sculpture monumentale à l'Académie nationale de San Carlos à Mexico, de 1966 à 1968. En 1969, il se rend aux États-Unis en tant que professeur invité de la Washington University de Saint-Louis Missouri pour l'École d'architecture.
De retour en France, il est Directeur de l'École des Beaux-Arts de Tours de 1972 à 1990 (voir Un livre géant pour Rabelais, non paginé). Il y fonde des ateliers de restauration d'oeuvres sculptées (Télérama n° 2353 p. 21-22, avec photo d'une oeuvre de Seguin : Les Voyageurs).
Son épouse Martine décède en 1998 (dédicace dans Olivier Seguin et Gauvin, 2003).
Son uvre
Sa période mexicaine est celle des premières sculptures monumentales qui l'ont fait reconnaître hors de nos frontières comme un artiste majeur. « Sa sculpture est essentiellement faite pour accompagner l'espace urbain. » (L'Oeil n° 206-207, p. VII) Ainsi, en 1960, il crée les deux formes élancées en béton, hautes de 15 m., ornant, tel un campanile, l'entrée du théâtre expérimental de Guadalajara, (architecte Eric Coufal)(L'Oeil, 1972, p.VII) ; en 1971, le monument de la Plaza Satelite de Mexico (architecte Juan Sordo Madaleno). Cette oeuvre est construite au centre d'une place carrée à deux niveaux de 40 m. de côté et couverte d'un dôme. Un faisceau de 18 lames d'acier inoxydable de 16 m. de haut sur une section carrée de 9 m. part du rez-de-chaussée, s'élance sur les deux niveaux et s'ouvre au premier étage. Conçu pour attirer un étonnant jeu de lumière, il a été scellé alors que les murs s'élevaient, avant que la voûte ne soit posée et ne lui renvoie la lumière. Aucun repentir n'était possible. La composition varie au fur et à mesure des déplacements du promeneur. Les deux escaliers mécaniques placés sur les côtés donnent l'impression de monter et descendre lentement dans la sculpture (L'Architecture d'aujourd'hui, n° 160, p XX : description, schéma et photo ; L'Oeil n° 206-207, P. VII).
Un autre exemple de ce travail en duo sculpture/architecture est « la sculpture-moule, centrée autour d'une matrice à l'échelle humaine qui ménage une circulation intérieure » qu'il réalise en collaboration avec ses élèves de l'école d'architecture de l'Université de Missouri (États-Unis) sur le campus même en 1969 (L'Oeil n° 206-207, P. VII).
Dans les années 1980, il abandonne les grands formats mais continue à associer des matériaux : pierre, bronze, bois, terre cuite, or, végétaux(Borer 1995, p. 21; 75-76),
« Actuellement, les sculpteurs se distinguent par la matière plus que par la forme. Seguin travaille la forme : sa sculpture est idéaliste. En ce sens, Seguin est inactuel. Ou en avance ... Si leur espace est imaginaire, les sculptures de Seguin n'existent en somme que dans le temps. La pensée pédagogique de l'histoire, la manie de la classification et du catalogue s'efforceraient en vain de les dater, de les estamper dans les formes des années soixante auxquelles, sans doute, elles s'apparentent... Selon l'architecte Luis Barragan, les oeuvres de Seguin auraient pu être réalisées il y a cinq mille ans comme elles pourraient exister dans deux millénaires.(Borer 1983 p. 26) »
En 1972, il renoue avec la France en exposant à la Galerie Saint-Germain un panneau d'aluminium de 160 cm sur 140 cm décrit ainsi (L'Oeil, n° 206-207, p. VII): « Tout, à l'intérieur de ces panneaux muraux recouverts de feuilles d'aluminium, parle à la fois d'intensité et de raffinements. Éponges, encres, sables servent à travailler la surface pour l'animer d'autant de passages variés sur lesquels joue indéfiniment la lumière. Ainsi cette lumière qui pénètre reflète des camaïeux de gris dans la profondeur de l'argent, transforme le mur, en repousse les limites jusqu'à les faire oublier ».
Seguin réalise des panneaux grand format de ce type (jusqu'à 300 m2) dès le début des années 1960. En 1973, dans un article : L'Aluminium considéré comme un moyen original de s'exprimer aujourd'hui par bon nombre de peintres et sculpteurs, une revue d'art (Connaissance des Arts n° 257, p. 86) décrit plusieurs oeuvres d'art dont une de Seguin, Le premier temple, qui, par le jeu de brossages bien calculés, est une oeuvre de facture cubiste alors que le panneau est parfaitement uni. « L'aluminium ne sert pas de support mais constitue le tableau proprement dit. Celui-ci n'existe que par les différents polissages manuels ( avec des éponges et des papiers métalliques) effectués selon diverses orientations qui font varier continuellement les reflets de la lumière qui vient frapper le panneau [... ]. Seguin ajoute des effets discrets de coloration en passant sur certaines parties une légère couche d'encre noire (mais jamais de polychromie), ou une recherche de relief à peine marquée par superposition de plusieurs couches de colle ou de feuilles. »
En 1964, alors qu'il est peu connu dans l'hexagone, une revue d'art française présente plusieurs photos de ses oeuvres accompagnées d' un article(Aujourd'hui, art et architecture, n°47, p. 24) : « Le caractère universel de l'oeuvre d'Olivier Seguin rend difficile une analyse critique visant à en cerner les contours. Les recherches de cet artiste français, devenu l'un des plus grands du Mexique, où il vit, portent sur tous les secteurs des arts plastiques. Seguin a reçu cette année le 1er Grand prix de la Biennale de sculpture 1964 à Mexico, mais il s'est également distingué dans l'architecture, la peinture, le dessin, la céramique etc... Le mot « expérimental » est bien le seul qui puisse qualifier une telle démarche[...]. Il n'y a pas rupture entre les formes crées par Olivier Seguin et leur environnement. Elles ne sont pas un élément gratuitement rapporté, elles ne font qu'un avec ce tout qu'est le monde, au Mexique plus qu'ailleurs. Le climat, la lumière, l'affrontement des contrastes entre la plus authentique antiquité et le modernisme, ont sensibilisé Seguin au maximum du supportable [...]. La diversité des matériaux utilisés par l'artiste conditionne les formes qu'il en tire. Aujourd'hui enfin, quelques grands sculpteurs ont compris que le matériau unique est une restriction conventionnelle qui limite de façon desséchante le champ des investigation ».
Il fait partie des précurseurs d'une pratique devenue courante.
Expositions personnelles
Expositions collectives
- 1952-1953-1954-1955-1956 Salon d'automne marocain, Casablanca.
- 1962 Première biennale de sculpture de Mexico.
- 1964 Deuxième biennale de sculpture de Mexico.
- 1965 Salon ESSO des jeunes artistes, Musée d'art moderne Mexico.
- 1966 Salon "Arte mexicano contemporaneo", Musée d'Art Moderne, Mexico.
- 1967 Exposition collective, Galerie Misrachi, Mexico.
- 1968 "Tendance de l'Art absrait à Mexico", Université de Mexico.
- 1968 Symposium de sculptures à l'occasion des Jeux Olympiques Mexico 1968, Route de l'amitié, Mexico.
- 1968 Sculptures au pavillon du Mexique 'Hemisphair", San Antonio, Texas, États-Unis.
- 1971 Biennale Middelheim, Anvers, Belgique.
- 1975 Salon international d'art de Toulon, France.
- 1976 Exposition collective "Galerie Saint-Germain", Caracas, Venezuela.
- 1983 Deuxième rencontre en Vendômois, Arts plastiques au quotidien.
- 1984 Sculpture, Couvent des Cordeliers, Châteauroux.
- 1987 "Beaulieu des Arts", Nantes.
- 2003 "Olivier Seguin et Gauvin", Chapelle Saint-Jacques, Vendôme, (sculptures d'Olivier Seguin et peintures d'Alain Gauvin).
Exposition collective permanente
2005 Un livre géant pour Rabelais, musée Rabelais, maison de la Devinière, Seuilly, (Geneviève Besse, peintre, Olivier Seguin, sculpteur, Bernard Noël, écrivain).
Principales uvres monumentales
28
1960 Sculpture en béton, Théâtre expérimental (architecte Eric Coufal), Guadalajara, Mexique. (0:30)
64
1960 Fontaine et jardin de M. et Mme Brun, Guadalajara, Mexique. (1:04)
- 1966 Panneau d'aluminium, Magasin Knoll International, Mexico.
100
1968 Sculpture et béton, Route de l'Amitié, Symposium de sculpture, Jeux Olympiques de Mexico. (1:40)
148
1969 Sculpture monumentale, Campus de la Washington University, Saint-Louis, Missouri, États-Unis, réalisée avec les élèves de l'école d'architecture. (2:28)
208
1971 Sculpture monumentale en acier inoxydable, Centre commercial Plaza Satelite (architecte Juan Sordo Madaleno), Mexico. (3:28)
318
1972 Panneau d'aluminium, Centre international de conférences CIGC, (architectes Gaillard et Camenzind), Genève, Suisse. (5:18)
338
1974 Sculpture signal en béton, Immeuble Cegos (architecte A. et H. Kandjian), Suresnes, France. (5:38)
368
1983 Sculpture en granit, Bourges, France. (6:08)
Récompenses
- 1954-1955 Grand prix du Salon d'automne marocain, Casablanca, Maroc.
- 1956 Grand prix du Salon d'automne marocain, en collaboration avec l'architecte François Zevaco, Casablanca.
- 1964 Premier prix, Prix Chac Mool de la deuxième biennale de sculpture, Mexico.
- 1965 Premier prix de sculpture du salon "Esso", Musée d'art moderne, Mexico.
- 1967 Premier prix de sculpture monumentale urbaine, Troisième biennale de sculpture de Mexico.